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 jean & bens

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Razvan Iaeck
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Messages : 41
Date d'inscription : 07/03/2015

MessageSujet: jean & bens   Dim 23 Sep - 21:13

Jean s'est donnée aujourd'hui. En conquête des meilleures festivités, pour le sacre d'un ovale au front blond samaritain. A mener bataille contre des œufs blindés; à bringuer contre les recettes épouvantails. Brigue sans dessus dessous. La guerrière improvisée. Se sentant davantage désemparée face aux fouets qu'aux forets tropicales maintes fois arpentée. Tablier en guise d'armure de fortune, armée dans le métal industriel forgée dans l'âme dinatoire. Et en bon soldat, il y a des plaies de guerre pleins les contours venustés. Phalanges déformées par les degrés zélés; gueule d'ange éclaboussée par la gourmandise en zestes. Des pansements pour nouvelles chevalières cache-misères. Égratignures sous parures. Tout ça, pour de la pâtisserie. Ou plutôt de la pâte tapisserie. Où des constellations de coulis luisent sur les façades diurnes. Puis, la passionné se lance en quête de frivolité. De cotillons loufoques pour quelques joies aux éclats criards en guirlandes. Quitte à perdre notion du temps. Car à présent, il y a ce parfum corsé dans les airs. Cette ère opiniâtre pour envahir les précédentes harmonies. Une anthracite nébuleuse créée par son propre big-bang. « Oh merde non ! » Fracas de voix, à la connotation des grossièretés.

Ça dévale alors les sentiers modernes. Cœur contres tempes; peur dans la panse. Cavale face à sa propre infraction. Et ces crises qui crissent contre ses fatalités. Ça donne raison à des mœurs personnelles qu'elle tente d'abolir. Piètre ménagère qu'elle est. Course folle pourtant interrompue, une surprise bien trop crue en vue. A découvrir le dernier désiré, sa silhouette de Jupiter à travers le couloir embrumé. La furie contemple l'imprévu en minois familier. Et les pensées en panique qui fleurissent en bombe sous la jungle de sa caboche. De son portrait bariolé de paillettes alimentaires, la farine en contraste au cacao de son aquarelle affolée. Folie des grandeurs qui sera son fléau. Pour finalement dégobiller d'un accent brut, l'ahurissement profané. « Qu'est-ce que tu fous là ? » A déranger ses plans; à merder son propre anniversaire. Il est trop tôt. Bien trop tôt. Puis il y a un dernier élan cacophonique qu'elle tente de troquer contre une nonchalance débordante. Histoire de sauver quelques meubles, l'humeur des baroudeurs qui foire. A balayer la noirceur de ses maladresses d'un revers manuel : grand sourire en guise de mascara à maquiller la mascarade chaotique. Puis une relance de responsabilité qui vient lui percuter ses délires brouillons. « Oh c'est vrai ! Le gâteau ! » La furie qui s’éclipse vers la cuisine pour foncer vers le four grondant. Les pognes qui plongent alors dans la gueule brulante, la carne qui s'esquinte à ses crocs ardents. Ça grogne de douleur, mais le sauvetage prime sur la torpeur. Au point, où elle en est, y laisser un doigt de plus, ce n'est guère le pire comparé au massacre pondu par ses soins. Et finalement, y en découle trésor. Un peu fumant, un peu ragoutant, mais juste à temps l'incendie. Quoique ça aussi, ça aurait pu être une merveilleuse surprise.

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Razvan Iaeck
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MessageSujet: Re: jean & bens   Dim 23 Sep - 22:28

la cacophonie du métal vrombissant, cette résonance assourdissante devenue mélodie apaisante. quotidien de l'homme ours oeuvrant dans sa forêt ravagée. bens qui arbore les plaies des milles aiguilles qui taillent ses phalanges anesthésiées de la corne des travailleurs. la sueur au front et les muscles endoloris, son encéphale brûle de la minutie qu'il façonne des marques fines sur le bois. les rondes sinueuses qui se dessinent au gré de ses doigts qui se mouvent avec délicatesse, font voguer sa conscience dans les contrées florissantes d'amazonie. ses idées en pensées, posées sur papier, prennent finalement forme dans l'ébène. une fierté exprimée par de simples sourires timides et les heures que l'on ne compte pas à fuir une réalité assommante pour rejoindre le monde merveilleux de son art. lui, avocat perdu aux rêves cabossés d'une existence pénible, devenu maître de la création. de ses phalanges arthrosiques naissent joyaux de frêne. les paupières marquées des réveils aux aurores, bens porte le noir en fard. drogué à l'excellence, les litres d'arabica s'insinue dans ses veines alors qu'il se traîne sous la cadence des diffusions hertziennes. en ce jour singulier qu'il semble oublié, il tue ses heures dans cette passion qui le dévore. mais morphée le gagne et avec son comparse prince des sables, allourdi ses paupières. une année de plus qui pèse sur la balance. vingt-neuf ans. le désastre.

la pénombre n'a pas gagné les rues lorsqu'il quitte l'atelier jonché des brisures de bois. ses pas automates le mènent à travers rues et quartiers dans un demi-sommeil qu'il songe à briser d'une tasse énergisante. les marches semblent supplice de ses cuisses engourdies alors que seul le réconfort d'une maison silencieuse le fait encore tenir debout. mais c'est la brume épaisse qui vient chatouiller ses narines, piquer ses opales déjà rougies. une expression d'inquiétude qui se mêle à la stupéfaction vient s'écraser sur sa mine grisonnante. un cataclysme, une tornade humaine déferlée contre son foyer a ravagé la clarté de ses terres. le coeur en bataille manque d'exploser quand l'intéressée ose l'agression. bens trop désarçonné par l'état de sa cuisine reste béat. la bouche béante qui se mouve sans son. sa cervelle en bouillie qui se bat dans la confusion la plus totale. bens qui sent ce mélange de joie et de tristesse. un gâteau ? l'encéphale qui bugge. une surprise ratée. son anniversaire, c'est vrai.


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