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 sattn - razvan&scar

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Pilar Alonso
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Pilar Alonso

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MessageSujet: sattn - razvan&scar   sattn - razvan&scar EmptyMer 11 Oct - 16:30

Brume nocturne aux essences d'hydrocarbures, se lève un voile blanchâtre acre qui tapisse la pièce de son épais manteau. Les odeurs de cendres mêlées au tabac froid ancré dans les meubles, chatouillent les narines endormies des habitués de la zone. Razvan sommeille dans une attente impatiente où s’entre-tuent empressement et nervosité, syndrome de l'anxieux au quotidien chamboulé par sa lionne à la chevelure dorée, longtemps évaporée. Ses phalanges dansent autour de son bâton de feu, tandis que ses opales scrutent les vagues de fumé dans leur virée éphémère. Son palpitant bat la cadence des minutes, celles qui s'écoulent d'une lenteur accablante alors que son absence résonne dans son squelette comme cette alarme qu'il aimerait tant faire taire. Ta pute elle fout quoi ? Les remarques fusent, claquent contre son épiderme électrique, le visage impassible, l'air ailleurs. Razvan bloque, mâchoire crispée, sous ces termes dégradants à l'égard d'êtres aux atouts sensuels utilisés et usés à des fins caritatives qui ne profitent qu'aux moins démunis. Et si abaisser les femmes à de simples objets de sexe, outil attisant les désirs et faisant claquer les billets sur leurs culs avant de les laisser tomber dans la poche de l'homme aux commandes, souvent fétide, avait le don de soulever le gamin à la morale polie, ce n'est que l'identité de sa pute qui peut le mettre dans tous ses états. D'instinct, ses narines se gonflent alors que son imaginaire dévoile ses excès de colère, qui le mène à se figurer son crâne explosée, sa matière grise comme nouveau papier peint.
C'est pas son truc à Razvan, les corps qui se trémoussent pour de l'oseille. Le solitaire préfère la compagnie de l'acier à celle d'âmes plus paumées que la sienne. Il ne veut pas de ce job, de cette mission suicide, cette mise à l'épreuve masquée par des sourires de glaces et des compliments métaphores. Et il la déteste d'autant plus pour ça, cette dite pute qu'il se doit de garder, comme un toutou qu'il mènerait faire ses besoins, lui le babysitter d'une gosse jouet de ces matous, sensuel, sexuel. Et ça l’écœure rien que de la penser stigmatisée, comme ces autres, ces inconnues qu'il ne regarde que de loin, en coin, l'oeil vide bouffé d'une empathie fantôme. Scar, comme cette balafre à la gueule ou pire, celle qu'elle a laissé d'une empreinte intemporelle sur son myocarde suturé aux agrafes. Ses ongles se cognent et envoient valser le mégot abîmé par ses lèvres brutes. Qu'il s'enflamme et fasse grimper les flammes sur cet eden charnel, les enfers ne sont pas loin.
La dégaine du sud se mêle avec aisance au bitume qu'il frôle durement, l'air nonchalent mais le palpitant lourd, les dents serrées signe de son encéphale en sur-régime, les pensées avalanches qui se fracasse contre son crâne migraineux. Ton brut et voix rauque suffisent à faire déguerpir le chauffeur pompeux qui détonne avec la banlieue, lui et ses balbutiements échappés d'entre ses lèvres tremblotantes. Pauvre type désemparé, bien satisfait de quitter la zone pour retourner dans son cocon de confort. Il put les Capulet, la richesse sale, qui devraient mieux sélectionner les employés qu'ils envoient en dehors de leurs terres. L'ombre d'une femme se dresse à l'orée de la bâtisse dont Razvan gravit les marches à la hâte, la pompe arythmique, les sens déployés. L'effet Scar infaillible malgré les années qui passent. Sa mémoire sensorielle joue de son tempérament impassible. Ses souvenirs d'années communes se pressent contre sa poitrine en feu, sa cage thoracique devenue cage de prison, lui prisonnier de ces sentiments laissés à l'abandon. Scar se veut revêche, provocatrice, le menton dressé d'une fierté malsaine et les opales scintillantes de cette rage de vaincre. « Attendue pour faire le tapin, ouais. » Qu'importe où elle aille, qu'importe le rendez-vous qu'elle assure, Scar est bonne pour faire le tapin ce soir, que ce soit sur le compte de l'un ou l'autre des gangs qu'elle dit détester. « Comme celles d'avaler les queues de tes petits copains friqués. » Comique de répétition qui n'a rien d'hilarant, Razvan sent ses traits se tirer sous la charges émotionnelles. Lui qui a laissé tomber tout ressentiment durant des années, lutte contre l'agneau fragile qu'il a si promptement repoussé. Mais rien en lui ne laisse la joie d'une victoire à Scar, pas un tressautement perceptible, juste cet air froid, ailleurs, impassible. Razvan s'efforce de garder les mains dans les poches, le regard ailleurs que sur cette chair si familière, parce qu'elle joue de sa provocation, Scar. Elle et ses fringues luxueuses tâchées du sang des traîtres nordistes, qui font d'elle cette traîtresse pourrie jusqu'à la moelle.
Il n'a rien à faire ici, Razvan, au coeur des deals humains. Et c'est de sa faute, à elle, s'il se retrouve coincé dans des litiges. C'est de sa faute, à elle s'il se retrouve les pieds dans la merde, l'odeur du sexe sur la gueule, des femmes cyprines. Si ça lui ronge les tripes de se dire que celle qui a un jour atteint son coeur prisonnier se retrouve la gueule ouverte à sucer des queues d'hommes fétides, il se rassure en se disant que cette nana n'existe plus, qu'elle a disparue, toujours loin de lui. Dans ce loin ailleurs, celui où elle est partie, a fuit, d'une trahison ancienne douloureusement pansée. Et c'est pour ça qui la déteste autant, pour ça et pour tant d'autres choses encore. Son audace manque d'exciter le mâle, Scar qui joue la provocation comme carte maîtresse, elle ne fait qu'attiser son désir de garder le masque peint sur sa tronche déformée. Le dominant en lui sent cette envie qui boue jusqu'à ses phalanges, celle de l'envoyer valser contre le mur et de la dévorer, d'une manière ou d'une autre. Lui cracher à la gueule le manque qu'il sent dans ses veines ou cette haine qui contamine son corps.

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J'attends sous les néons le néant ou l'étincelle. qui remarque les fissures sur ces vitres perdues ? casse moi ou casse toi -- grand blanc, tendresse  

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MessageSujet: Re: sattn - razvan&scar   sattn - razvan&scar EmptyJeu 25 Juil - 22:50

Dans le gris cendre de son taudis, Scarlett se grime, parée des atours qu'on ne trouve plus au-delà la rivière. Pourtant, elle ne ne paradera au bras de personne ce soir, hormis de vieux clients libidineux et de potentiels prospects. Et non, pas ceux auxquels son rang pourrait la contraindre, on parle travail ici. Elle a été dépêchée par son supérieur, l'assistante, pour remuer joliment du cul, battre des cils, flatter les futurs partenaires qui leur confient leurs capitaux et en flairer de nouveaux. Elle déteste ce rôle, Scar. C'est une performance auquel elle s'adonne régulièrement, mais de son propre chef et là est toute la différence. Alors que ces imbéciles élitistes, du haut de leur tour d'ivoire, ne se gênent pas pour lui rappeler sa condition de femme de la plus gerbante des façons : elle est là pour séduire. Pour faire joli et aguicher ces connards qui pensent que tout s'achète, qui manient des milliards et des fusions-acquisitions comme des sommes anecdotiques pour mieux les transformer en pilules à faire crever. Cet abruti apparenté Capulet qui trône gaiement au-dessus d'elle dans l'organigramme, elle pourrait lui frire le cerveau rien qu'en parlant chiffres mieux que lui. Elle le sait Scar, et il le sait aussi sans doute, derrière ses blagues graveleuses déplorables et sa façon de l'exhiber comme un trophée alors qu'elle possède davantage de diplômes que cet attardé télescopé grâce à papa.
Scar déteste ce milieu. Elle déteste la finance qui asservit toujours plus les pauvres pour offrir aux puissants, méprise cette ambiance sexiste et délétère, qui pense que tout s'achète et se consomme. Que rien ne compte. Si elle ne visait pas plus haut, l'Empire tout entier plutôt que la tête de l'Empereur, Scarlett aurait déjà cédé aux chants des sirènes et commis un impair pour ruiner leurs petits profits, pour assassiner leurs carrières qui ne reposent sur rien, du vent, des chiffres fantoches sur des écrans pixel. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, elle va se plier joliment à l'exercice, onduler des hanches dans une robe seyante qui tranche avec sa peau dorée pour prouver une loyauté qu'elle est bien loin d'accorder.
Devant son miroir terne, Scarlett rétracte les griffes et cache les canines, ne laissant apercevoir de la noirceur qui consume son âme que l'agressivité voilée qui luit toujours dans son regard, féroce. Juchée sur ses escarpins hors de prix, elle embrasse son reflet de son regard conquérant et s'apprête à quitter sa piaule décrépie pour rejoindre le chauffeur supposé la conduire en terres ennemies. Il ne fait pas bon battre le pavé richement vêtue, d'où elle vient. Surtout lorsque, comme elle, la richesse n'est qu'un leurre accessoire. Mais avant qu'elle ne franchisse le seuil, sa voiture disparaît dans la nuit, intimidée par la silhouette fantôme qui grimpe à sa rencontre. Putain de merde, à quel point faut-il souffrir d'un complexe d'infériorité conséquent pour aller jusqu'à jouer le caïd auprès des tacots poussiéreux. Et puis ... la silhouette grimpe les escaliers quatre à quatre et bien avant elle, son épiderme a une conscience accrue de sa présence. Razvan. Le venin s'infiltre dans ses veines à fleur de peau, au rythme des pas qui le séparent d'elle. Elle serre les poings, Scar, et la mâchoire dans une violence contenue, tente de maintenir bien en place le masque étroit des apparences, celui qui voudrait qu'elle soit devenue une autre, avec les années. Une autre loin de lui, une autre trop bien pour lui. Mais c'est dur et le moindre de ses atomes meurt d'envie de lâcher les armes, juste un instant.
Jusqu'à ce qu'elle se souvienne de la raison de sa présence ici : L'escorter dieu sait où baiser dieu sait qui et revenir au bercail remuer la queue devant ses maîtres crimson pistols. La rage estompe la nostalgie, la haine gomme le manque et lorsque ses opales attentives entrent enfin en collision avec sa silhouette, Scar se glace, refuse d'écouter ce qui hurle à l'intérieur, toute cette mémoire sensorielle pleine de lui. Lui et elle, bravant les années et les férocités, elle et lui contre le reste du monde. L'odeur de sa peau, le goût de ses baisers musqués, ses promesses au goût de miel capables de transformer l'enragée en chaton ... Razvan l'enchanteur, le Petit prince d'un renard farouche. Cet homme-là est mort. Et celui qui lui fait face, qui l'aimante et l'appelle, lui donne envie de fondre sur lui, pour le dévorer ou le tuer, elle l'ignore, elle ne le connaît plus.
C'est ce que clament ses prunelles enflammées, son fier menton relevé de princesse des glaces, et sa robe précieuse qui tranche avec sa propre tenue de voyou. « J'irai nulle part avec toi. Je suis attendue. » glisse-t-elle sans ne rien perdre de son assurance impérieuse, galvanisée en agitant le spectre des Capulet sous son nez. Elle joue, Scar. Elle joue pour déstabiliser, elle joue pour gagner, pour oublier le bordel à l'intérieur et ce myocarde aveugle et sourd qui ne ressent pas grand chose mais éprouve la morsure de la trahison. « Au cas où ça t'échappe, j'ai d'autres ambitions qu'avaler les queues de tes petits copains dégénérés. » Elle se moque, l'excessive qui a toujours aimé jouer avec le feu, les prunelles brillantes, malveillantes, dardées sur Razvan, pour se nourrir du plus léger tressautement sur ses traits. Scar, elle est dopée à la violence, dernier sentiment capable d'émouvoir sa silhouette chaque jour plus électrique. Plus froide.
Elle s'emploie à assassiner la gamine à l'intérieur, la môme qui se mangeait des murs sans jamais comprendre, quitte à devenir cette automate semi-vivante, capable d'éteindre en elle tout ce qui comptait. Tous ceux qui comptaient. Mais c'est lui, qui a provoqué l'étincelle de ce grand brasier. C'est lui qui a failli à leur promesse, lui qui a cessé de répondre, lui qu'elle a retrouvé balafré, englué jusqu'au cou chez ces veaux consanguins qu'ils ont toujours méprisé. C'est encore lui, qui s'assure que sa dette soit remboursée, lui qui tient le compte de ses reins qu'on esquinte. C'est lui, putain. Lui qui la rend malade à se pointer devant chez elle comme s'il en avait le droit, comme le gosse de quinze ans aux prémices d'un rencard. Et ça la rend dingue, Scarlett. Au point où ses sens aiguisés, prédateurs, meurent d'envie de briser la maigre distance qui les sépare pour s'emparer de ses lèvres juste sous ses yeux. Scar ignore si elle rêve de les mordre jusqu'à les déchiqueter copieusement, bousiller ce qui savait si bien faire gémir les siennes, ou juste les unir à sa bouche désireuse, qui se mord la lèvre inférieure dans une posture de fausse ingénue, tentatrice. Non, c'est la violence qui domine. Définitivement la violence. « Tu sais ce qui me dégoûte le plus ? C'est que moi, en dépit de tout, je les aurais jamais laissé t'atteindre. » Sa voix feutrée laisse retentir des intonations sifflantes, alors que la distance entre eux s'amenuise. Scar l'insondable est incapable de rester de marbre alors que tout ce qu'elle veut lui crier, c'est combien elle le hait. Elle aimerait l'indolence de l'indifférence, les distances polies et les colères froides. Elle aimerait rester parée de cette dignité d'allumeuse trop bien pour toi.
Mais face à lui, c'est trop dur. Parce qu'il est à des années d'elle tout en se tenant à quelque pas, armé de ce visage dur, fermé, qui ressemble si mal au sien. « Barre-toi Raz. Sérieusement, barre-toi. Tu peux pas me forcer à te suivre, même toi t'as pas pu tomber aussi bas. » Provocation acide, regard noir et muscles bandés. Essaye de me toucher, pour voir. C'est ce que murmurent les rétines qui éructent et les flammes qui dansent juste sous la peau d'albâtre, loin, bien loin de l'indécente élégance de sa toilette.

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MessageSujet: Re: sattn - razvan&scar   sattn - razvan&scar EmptyJeu 25 Juil - 22:50

Brume nocturne aux essences d'hydrocarbures, se lève un voile blanchâtre acre qui tapisse la pièce de son épais manteau. Les odeurs de cendres mêlées au tabac froid ancré dans les meubles, chatouillent les narines endormies des habitués de la zone. Razvan sommeille dans une attente impatiente où s’entre-tuent empressement et nervosité, syndrome de l'anxieux au quotidien chamboulé par sa lionne à la chevelure dorée, longtemps évaporée. Ses phalanges dansent autour de son bâton de feu, tandis que ses opales scrutent les vagues de fumé dans leur virée éphémère. Son palpitant bat la cadence des minutes, celles qui s'écoulent d'une lenteur accablante alors que son absence résonne dans son squelette comme cette alarme qu'il aimerait tant faire taire. Ta pute elle fout quoi ? Les remarques fusent, claquent contre son épiderme électrique, le visage impassible, l'air ailleurs. Razvan bloque, mâchoire crispée, sous ces termes dégradants à l'égard d'êtres aux atouts sensuels utilisés et usés à des fins caritatives qui ne profitent qu'aux moins démunis. Et si abaisser les femmes à de simples objets de sexe, outil attisant les désirs et faisant claquer les billets sur leurs culs avant de les laisser tomber dans la poche de l'homme aux commandes, souvent fétide, avait le don de soulever le gamin à la morale polie, ce n'est que l'identité de sa pute qui peut le mettre dans tous ses états. D'instinct, ses narines se gonflent alors que son imaginaire dévoile ses excès de colère, qui le mène à se figurer son crâne explosée, sa matière grise comme nouveau papier peint.
C'est pas son truc à Razvan, les corps qui se trémoussent pour de l'oseille. Le solitaire préfère la compagnie de l'acier à celle d'âmes plus paumées que la sienne. Il ne veut pas de ce job, de cette mission suicide, cette mise à l'épreuve masquée par des sourires de glaces et des compliments métaphores. Et il la déteste d'autant plus pour ça, cette dite pute qu'il se doit de garder, comme un toutou qu'il mènerait faire ses besoins, lui le babysitter d'une gosse jouet de ces matous, sensuel, sexuel. Et ça l’écœure rien que de la penser stigmatisée, comme ces autres, ces inconnues qu'il ne regarde que de loin, en coin, l'oeil vide bouffé d'une empathie fantôme. Scar, comme cette balafre à la gueule ou pire, celle qu'elle a laissé d'une empreinte intemporelle sur son myocarde suturé aux agrafes. Ses ongles se cognent et envoient valser le mégot abîmé par ses lèvres brutes. Qu'il s'enflamme et fasse grimper les flammes sur cet eden charnel, les enfers ne sont pas loin.
La dégaine du sud se mêle avec aisance au bitume qu'il frôle durement, l'air nonchalent mais le palpitant lourd, les dents serrées signe de son encéphale en sur-régime, les pensées avalanches qui se fracasse contre son crâne migraineux. Ton brut et voix rauque suffisent à faire déguerpir le chauffeur pompeux qui détonne avec la banlieue, lui et ses balbutiements échappés d'entre ses lèvres tremblotantes. Pauvre type désemparé, bien satisfait de quitter la zone pour retourner dans son cocon de confort. Il put les Capulet, la richesse sale, qui devraient mieux sélectionner les employés qu'ils envoient en dehors de leurs terres. L'ombre d'une femme se dresse à l'orée de la bâtisse dont Razvan gravit les marches à la hâte, la pompe arythmique, les sens déployés. L'effet Scar infaillible malgré les années qui passent. Sa mémoire sensorielle joue de son tempérament impassible. Ses souvenirs d'années communes se pressent contre sa poitrine en feu, sa cage thoracique devenue cage de prison, lui prisonnier de ces sentiments laissés à l'abandon. Scar se veut revêche, provocatrice, le menton dressé d'une fierté malsaine et les opales scintillantes de cette rage de vaincre. « Attendue pour faire le tapin, ouais. » Qu'importe où elle aille, qu'importe le rendez-vous qu'elle assure, Scar est bonne pour faire le tapin ce soir, que ce soit sur le compte de l'un ou l'autre des gangs qu'elle dit détester. « Comme celles d'avaler les queues de tes petits copains friqués. » Comique de répétition qui n'a rien d'hilarant, Razvan sent ses traits se tirer sous la charges émotionnelles. Lui qui a laissé tomber tout ressentiment durant des années, lutte contre l'agneau fragile qu'il a si promptement repoussé. Mais rien en lui ne laisse la joie d'une victoire à Scar, pas un tressautement perceptible, juste cet air froid, ailleurs, impassible. Razvan s'efforce de garder les mains dans les poches, le regard ailleurs que sur cette chair si familière, parce qu'elle joue de sa provocation, Scar. Elle et ses fringues luxueuses tâchées du sang des traîtres nordistes, qui font d'elle cette traîtresse pourrie jusqu'à la moelle.
Il n'a rien à faire ici, Razvan, au coeur des deals humains. Et c'est de sa faute, à elle, s'il se retrouve coincé dans des litiges. C'est de sa faute, à elle s'il se retrouve les pieds dans la merde, l'odeur du sexe sur la gueule, des femmes cyprines. Si ça lui ronge les tripes de se dire que celle qui a un jour atteint son coeur prisonnier se retrouve la gueule ouverte à sucer des queues d'hommes fétides, il se rassure en se disant que cette nana n'existe plus, qu'elle a disparue, toujours loin de lui. Dans ce loin ailleurs, celui où elle est partie, a fuit, d'une trahison ancienne douloureusement pansée. Et c'est pour ça qui la déteste autant, pour ça et pour tant d'autres choses encore. Son audace manque d'exciter le mâle, Scar qui joue la provocation comme carte maîtresse, elle ne fait qu'attiser son désir de garder le masque peint sur sa tronche déformée. Le dominant en lui sent cette envie qui boue jusqu'à ses phalanges, celle de l'envoyer valser contre le mur et de la dévorer, d'une manière ou d'une autre. Lui cracher à la gueule le manque qu'il sent dans ses veines ou cette haine qui contamine son corps. Le marbre en masque, Razvan encaisse les reproches, remarques qui résonne sur son échine alors que l'hargneux s'excite, tambourine contre sa carcasse dans le désespoir de s'en échapper. « Faut croire que c'est toi la plus conne de nous deux. » Posé, mais l'envie d'hurler, Razvan sent la lutte du fauve. Il la hait d'autant plus pour lui faire prononcer ce genre d'animosité à son égard, elle qui le tente de ses allures de princesses. Qu'elle lui fasse des reproches, il lui en crachera d'autre à la gueule. Elle s'est tirée, elle n'était pas là, alors en dépit de tout elle n'aurait pas pu ne pas les laisser l'atteindre. Scar, elle a voulu se la jouer rebelle dans un monde trop grand pour elle. Elle a piller les siens et l'a piller d'une certaine façon. Il étouffe un semblant de soupir d'entre ses dents jointes par la crispation de ses masséters, de cette certitude qu'elle lui mènera la vie impossible, mettant à péril sa loyauté pensée sans faille. « Je me demandes juste lequel de nous deux est tombé le plus bas ... je voterais pour la fille de psychopathe, pute, voleuse, qui offre son cul contre une place dans la lumière. » La distance qui les sépare n'est plus qu'infime, ses opales brûlantes fixées sur les siennes. « Me force pas ... » Ca sonne presque comme une supplication. Razvan l’amoché, Razvan qui tient à elle malgré tout. « Tu verras qu'en me repoussant tu finiras par le regretter, tu devrais être contente que ce soit pas un de mes petits copains dégénérés qui soit venu te traîner par les cheveux. » Le défi brillant dans le regard, l'agneau se bat contre le fauve, l'agneau fait irruption partielle, spontanée et éphémère, masqué par cette intonation toujours aussi froide, se voulant menaçante tout en sachant qu'elle n'en aurait pas la chair de poule, elle trop audacieuse, elle qui a tout connu, a vu pire, même venant de lui.

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MessageSujet: Re: sattn - razvan&scar   sattn - razvan&scar EmptyJeu 25 Juil - 22:51

L'acide qui crame ses veines, la tension qui comprime ses épaules et le palpitant en vrac, Scarlett darde sur Razvan ses rétines les plus glaciales, les plus électriques, lui livrant une guerre silencieuse censée l'intimider assez pour cacher le bordel à l'intérieur. Parce que Scar, malgré ses airs de petite conne impétueuse, malgré son envie de lui clouer le bec et d'écraser sa gueule d'amour contre le macadam, avec les sentiments polluants dont elle ne sait que faire, elle est mal armée contre Razvan. Elle ne (se) l'avouera jamais Scar, fierté personnifiée, mais il a trop d'influence sur elle, le moindre de ses gestes est capable de l'entraîner d'un bout à l'autre du cercle limité des émotions qu'elle est en mesure de ressentir. Haine. Colère. Frustration. Envie. Désir. Manque. Vengeance. C'est tout, l'indifférence qui est son ultime balance et arrête toujours son aiguille interne à son niveau ne fonctionne jamais à ses côtés. Il n y a pas d'indifférence entre eux. Ne reste que son contraire le plus puissant et Scarlett, elle n'a pas de digue suffisamment élevée pour se prémunir de l'effet qu'il lui fait. Partout. Parce qu'elle n'a connu que lui qui ait compté, la gamine. Razvan a été son tout. Le frère qui embrassait ses plaies quand elle le suivait partout et finissait immanquablement par s'écorcher les genoux, la figure paternelle, masculine, qui lui manquait et qu'elle adulait avant de se mettre à le haïr avec la même force prodigieuse, un ami, le seul, l'unique, plus absolu qu'un jumeau. Mais dans ce lien fusionnel, trop imbriqué pour ne pas sombrer, il a aussi été amant, amour, dans des souvenirs si brumeux, si intenses, qu'elle peut encore ressentir les effluves de son corps entre ses draps rien qu'en se concentrant sur les traits froids comme la pierre qui lui font face. Qu'elle connaît par coeur sans les reconnaître tout à fait. Il attaque, Razvan, mais l'angle est mauvais : c'est ce que soufflent ses prunelles railleuses qui moquent ses mots trop doux pour l'atteindre et se planter dans son armure satinée. « Je sais que c'est difficile à piger, pour vos autres mâles alpha limités, mais j'ai bien davantage à offrir que mon cul. C'est pas grâce à lui, que j'en suis là. C'est grâce à moi, que ça te plaise ou non. » C'est pas son cul, qui lui a offert une position enviée, un salaire sans doute plus élevé que les trois quarts de ses petits copains crasseux. C'est sa matière grise, le seul putain de truc qui n'appartient qu'à elle et que personne, elle entend bien personne ne saurait lui arracher. Alors il peut continuer, il peut tenter de la blesser avec le sexe, elle qui porte sa sensualité en étendard, qui en joue, qui en aiguise constamment les lames pour les rendre plus dangereuses ... ça ne marchera pas.« Au moins, ces queues-là, je les choisis soigneusement. » Derrière la provocation facile, gratuite, il y a de l'aigreur dans les mots qu'elle lui jette au visage, un soupçon de reproche, comme si c'était sa faute. Celle de Razvan qui se la joue ange noir des Crimson, homme de main menaçant et non la sienne, convaincue de pouvoir les baiser sans se faire prendre en retour. Parce que de toutes les déceptions, de toutes les déconvenues qu'ont toujours jalonné son existence, celle-ci est la plus cuisante. Lui, son tout, métamorphosé en croque-mitaine, grimé en tout ce qu'elle déteste. La violence des gangs, la froide indifférence qu'elle est la seule à pouvoir maîtriser. Les mots qui blessent, elle que rien n'atteint jamais. Rien sauf lui, qui flotte au-delà des codes.
Ses paroles la percutent violemment, Scarlett, qui feint l'inverse en perfectionnant ses allures de princesse un peu salope. Bras croisés et moue hautaine, elle encaisse douloureusement sa confession voilée : Razvan, il ne compte pas bouger le petit doigt pour elle. Il ne compte pas tous les buter, tous les détruire, se battre pour elle. Même s'il la déteste, putain, il devrait. Par nostalgie. Par loyauté, lui pour qui ça semble vouloir dire quelque chose lorsqu'il s'agit des abrutis en blouson de cuir qui lui ont lavé le cerveau. « Faut croire. Ça fait un peu mal comme constat, venant de toi qu'a jamais été une lumière .. » Elle est mauvaise, Scar, drapée dans sa haine incandescente pour ne pas flancher. Pour ne pas lui céder une once de terrain, ici chez elle, elle le rabaisse violemment. Elle se remémore tout ce qu'on lui reproche et l'applique à la lettre. Trop extrême, trop déviante, trop cinglée, pas assez tendre, pas assez douce, pas assez empathique, gentille et toutes ces qualités qui ne l'effleureront jamais parce qu'elle s'est construite seule, en recollant des morceaux épars sans notice d'utilisation. Alors bien sûr, qu'il manque des éclats d'elle-même. Evidemment, qu'elle est dysfonctionnelle. Mais Razvan aussi, et ça ne l'a jamais empêchée de l'aimer démesurément car il cristallisait l'entièreté du spectre de ses rares sentiments. C'est cette dévotion qui la rend inflammable en sa présence, détestable parce que désastreusement impliquée. Scarlett, elle ignore comment composer avec des sentiments aux allures de troisième guerre mondiale, elle si habituée à l'exact inverse, à la tiède indifférence et au mépris constant pour ses pairs. Alors elle mord. Elle mord la main qu'elle rêve de baiser comme un animal sauvage à l'agonie, farouche, agressif. Qui ne se laissera pas euthanasier sans un dernier combat.
Et il continue, Razvan, dans une lutte à mort. Il se rapproche, réduit la distance entre eux pour préparer son prochain coup et dans un ballet parfaitement synchronisé, écrasée par la tension insidieuse qui baigne toujours leurs échanges, Scarlett s'écarte. Juste un peu, pour apaiser son épiderme à vif qui rêve de s'aimanter à sa peau, à lui. Juste pour respirer un peu mieux loin de son souffle qui l'empoisonne et comprime ses poumons empreints de la toxicité de l'atmosphère. De leur toxicité. Elle recule dans ce qui ressemble à tout, sauf à une reddition parce que Scarlett se rêve marionnettiste. Depuis son arrivée, elle joue avec le feu comme un saltimbanque, elle souffle sur les braises ardentes puis s'amuse à les éteindre, elle gifle et caresse de ses opales troublées par le mélange de haine et de désir qui l'accable, elle cherche à pousser Razvan dans ses derniers retranchements, à déclencher quelque chose chez lui qui fasse mal. Qui lui fasse payer son audace. Celle de la confondre avec les propriétés d'Haaken. Sauf que c'est lui qui déclenche quelque chose en elle en évoquant sa mère. On parle pas de Shelby. C'est tabou. Il le sait, Raz, il sait que les plaies familiales ne sont jamais refermées, qu'elles saignent à en crever malgré les plombs tirés sur papa, malgré une mère perdue. Il le sait, oui, c'est la raison pour laquelle il s'y engouffre, pour écarter les chairs et la forcer à se rendre. Elle n'est pas stupide, Scarlett, elle sait ce qui se trame ici : avant les coups viennent les mots. Qui perd au jeu de la répartie perd son influence sur le cours de la soirée. Déterminée à remporter la main, à chercher la réplique adéquate pour venir écarter la cicatrice qui barre sa joue, elle flanche Scar. Son cerveau se fige et à la place de ses lèvres entrouvertes, lascives, offertes, c'est sa main qui réagit au quart de tour pour venir s'écraser de toute ses forces sur la peau de Razvan dans une claque qui retentit durement dans le hall. « Et après tu te demandes encore pourquoi ta mère t'a abandonné ? Mais putain, regarde-toi. » Elle crie Scarlett à la voix toujours feutrée, elle frappe, elle le provoque, à nouveau tout contre lui et attend qu'il sorte de ses gonds à son tour, qu'il réplique, qu'il la touche, même si c'est seulement pour lui asséner une baffe en la traitant de conne. Elle, elle ne se gêne pas. Il y a sa main qui brûle du contact de sa joue, électrisée jusqu'à la pulpe de ses doigts. Il y a son coeur qui bat jusqu'à ses ongles, qui aimerait empoigner, caresser, parcourir sa peau, la griffer, la marquer, s'en repaître et en redécouvrir tous les détails inscrits au fer rouge sur son âme. Merde, ce qu'elle le déteste. C'est ce qu'hurlent ses opales vrillées sur sa peau avec l'intensité d'une lame, sa mâchoire contractée à s'en faire exploser les dents et tout son corps désirable bandé comme un arc.
Scar devrait se taire, mordre sa lèvre inférieure, serrer les dents encore davantage, dévorer sa langue plutôt que de poursuivre une pente dangereuse qui ne mène jamais à rien. Elle devrait se contenter de respecter son rôle de jolie plante nordique, camper sur ses positions, dire non sans plus de provocations, sans chercher à répandre du venin dans ses veines. Mais ... Scarlett ne sait pas pardonner, elle ne sait qu'attaquer et puis se battre sans jamais rendre les armes, elle ne connaît pas les drapeaux blancs et les accalmies et Razvan le sait. Il le sait et il en joue, avec son air d'indifférent sur papier glacé qui lui donne littéralement envie de le détruire. Ou envie tout court. Il sait à quoi il s'expose, il connaît la radioactivité de Scarlett et sa faculté à embraser tout ce qui l'entoure dans un grand trou noir qui la noie elle aussi, sans discernement. Et il est là, dans l'oeil du cyclone, à la fixer durement de ses prunelles enflammées, à la pousser à bout, nimbé de la prétention altière de celui qui sait qu'il aura gain de cause. Parce que lui, il n'est plus seul. Elle est peut-être seule, elle, elle est peut-être en tort, mais derrière la beauté élégante de sa toilette, ses airs de midinette, c'est une kamikaze en culotte courte, alors elle continue de son timbre qui cherche à irriter comme des ongles sur un tableau noir. Elle s'enfonce dans une caricature pénible et inopérante, elle se moque, elle ricane, elle expire des mots couteaux, vifs, tranchants, sans appel. « Au moins, moi je me suis élevée avant de tomber. Tu ne peux pas en dire autant.» Sourire incendiaire, elle se moque la belle, raille ce qui l'a tant blessée, maintient la tête de Razvan dans le pétrole en espérant l'y engluer.
A nouveau sur le ring, à nouveau alerte, elle enchaîne, ne lui laisse aucun répit. Ses opales félines, immenses, semblent rétrécies alors qu'elle tente de ficher dans son palpitant corrodé par la rue des épines empoisonnées. Et Scar, elle flaire les failles, c'est l'un de ses talents. Elle l'entend, le timbre de Razvan qui vacille, la détermination qui flanche. Le lâche dans toute sa splendeur, qui la supplie de lui faciliter la tâche. De se laisser conduire où bon lui semble, d'écarter les cuisses pour son bon plaisir. Ca la révolte, Scarlett, elle sent le courant alternatif, glacé, naître au creux de sa colonne vertébrale et remonter comme une flèche jusqu'à son cerveau, insufflant une tension électrique qui la réveille. La révèle. Prête à se battre de plus belle, elle persiste à broyer son ego, à étrangler le dominant. Elle susurre, Scarlett, gomme la distance entre eux pour venir frôler Razvan. Concentrée à sa tâche, attirée par l'odeur du sang qu'elle espère voir couler, la belle occulte la chaleur de ses reins, la nostalgie qui explose comme une bombe atomique à l'intérieur, dotée des mêmes effets ravageurs. « Pourquoi, tu te sens pas à la hauteur ? La dernière fois que j'ai vérifié, t'avais pourtant des couilles. » Ça tombe comme un couperet, de son timbre sucré, de miel, qui a pourtant le tranchant chirurgical d'une lame derrière un sourire doucereux. Elle ricane, Scar, mauvaise, quand il prétend qu'elle a de la chance ? Ses rétines rouge sang lancent des éclairs alors qu'elle doit se contenir pour ne pas le frapper à nouveau. Pour ne pas marquer ses traits de ses griffes, de ses dents, de ses poings ... Razvan, prétend ne pas comprendre la cruauté de la punition : sa seule famille, l'unique phare qu'elle n'ait jamais connu dans la tempête ... la contraint à vendre ses charmes, lui offre de nouvelles raisons de le haïr, d'arracher en elle tout ce qui reste d'eux. « Qu'est-ce que ça changerait au juste ? La finalité est la même. » Elle le raille, ironise, encore et toujours. Ils peuvent venir, la traîner par les cheveux, ça ne l'empêchera pas de provoquer, de les insulter, de les atomiser à maintes reprises dans des fantasmes élaborés, déviants. La douleur ne l'a jamais arrêtée, elle incapable de l'éprouver, Razvan devrait s'en souvenir. Et puis soudain, la harpie se dégonfle pour un instant, elle vacille et trébuche, s'écorche les genoux sur le fil d'une sincérité désarmante qu'elle n'envisageait pas de lui offrir. Il a perdu le droit de regard sur son âme en lambeaux. « J'aurais préféré que ça ne soit pas toi. » Son timbre bas, toujours équivoque est dénudé jusqu'à l'os dans un souffle qui n'assume pas ses propos. Mais c'est vrai, Scarlett aurait aimé que ça ne soit pas lui. Elle aurait préféré l'ignorer dans sa bande de demeurés notoires plutôt qu'être confrontée à la colère noire qu'il diffuse et entretient en elle, à ce coup de sort qui l'oblige à le haïr plus farouchement encore pour ce qu'il l'oblige à subir.
Et comme s'il lui fallait gommer cette sincérité brutale, Scarlett attaque à nouveau. Elle bondit en avant, toutes griffes dehors et sous l'effet de surprise, force Razvan à reculer, à défaut de capituler. Elle se presse contre lui sans douceur et vient attraper durement son entrejambe à travers son jean. Main farouchement accrochée à ses burnes, elle serre, Scar, pour s'assurer de sa totale attention alors que ses yeux s'aimantent aux siens. La tension est écrasante, absolue, les relents du désir total qu'elle éprouvait pour lui se mêlent d'essence dans un mélange hautement instable, qui peut exploser à tout instant. Qui est prêt à le faire. Parce que Scarlett est à vif lorsqu'il s'agit de Razvan, parce que chacun de ses mots l'ébranle nettement plus les coups qui marquent sa chair. Elle ne relâche pas la pression la belle, prête à réduire ce qu'il a de plus précieux en bouillie si jamais il avait le malheur de ne pas l'écouter. Elle le cherche, le provoque, empoigne violemment son t-shirt de sa main libre pour forcer son visage fermé à se plonger dans ses traits à elle, conquérants, vengeurs, nimbés du besoin viscéral de le blesser jusqu'à l’hémorragie. « Allez, entre toi et moi ... avoue. Ça t'fait bander au fond hein, de me savoir à nouveau dans la merde, comme toi, après t'avoir abandonné pour en sortir ? Ça t'plaît de m'imaginer me faire sauter par ces décérébrés que j'ai toujours méprisés ? Tu t'dis que c'est bien fait pour ma gueule c'est ça ? » Scar se fait acide alors que ses prunelles vengeresses sont aimantées aux siennes. Le ton est retombé comme un soufflé mais les mots sont encore durs comme de la pierre, la pierre avec laquelle elle pourrait lui fracasser le crâne à cet instant, tellement Razvan, son putain de phare, son seul repère, l'unique constante dans un existence vouée aux ténèbres et à la solitude, lui semble inatteignable. Perdu, définitivement perdu, bon à enterrer. La furie relâcha soudainement la pression qu'elle exerçait sur lui, pour asséner le coup de grâce. « Il ressemble à quoi, ce type pour qui t'es prêt à m'traîner par les cheveux ? Non, mieux ... il a payé combien ? » Vas-y, chantent ses prunelles furibondes, décris-le moi, imagine-moi avec lui et essaye de me faire croire que ça ne te fait rien, pour voir. Pense à tout le fric qu'il a dépensé et réfléchit bien aux fantasmes dégueulasses que ça dissimule. Tout contre Razvan, son souffle court mêlé au sien et la haine qui transite par tous ses pores, Scar et son audace malveillante, inconsciente compte les coups et lèche ses plaies, à nouveau drapée dans ses allures de charmeuse de serpents. Seulement, pas les bons.

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J'attends sous les néons le néant ou l'étincelle. qui remarque les fissures sur ces vitres perdues ? casse moi ou casse toi -- grand blanc, tendresse  

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